Rencontre au domaine de La Laumondière


 

Dans la continuité de nos précédentes réunions au Château de Carrouges et au Gué-aux-Biches, l’Association LABON a convié les adhérents à une nouvelle rencontre conviviale sous la forme d’un goûter.

Cette rencontre s’est tenue  au Domaine de la Laumondière, 8, rue de la Chapelle d’Andaines, à Bagnoles-de-l’Orne, le mercredi 3 juin 2026, de 15h à 18h.

À l’issue des différentes interventions consacrées à notre association et à la présentation des actions à venir, des mignardises et des boissons  ont été proposées.

 

  • Un exposé  a été présenté par Madame Flusin, explicitant les trois type de périmètre de protection de la source thermale avec  leurs conséquences sur les éventuelles initiatives touchant à la nature du site.
  • Un bref rappel a été effectué sur  la nature argileuse du sol  et des incidences du projet de détournement de la rivière sur les fondations des  bâtiments bordant le lac.

 

Discours d’introduction:

Chers amis, chers adhérents de LABON,

C’est avec un immense plaisir que l’association vous accueille aujourd’hui dans le cadre remarquable du domaine de Laumondière, gracieusement mis à notre disposition par Hervé et Christophe, pour ce moment de convivialité et d’échanges organisé par notre association, Les Amis de Bagnoles-de-l’Orne Normandie.

Avant de débuter notre réunion, j’ai la tristesse de vous annoncer le décès de Monsieur Bernard Couette, qui aurait dû être présent parmi nous cet après-midi.

Il a été l’un des premiers adhérents de l’association LABON. Toujours fidèle et présent à nos côtés lors de nos activités, il a marqué la vie de notre association par sa gentillesse et son engagement.

Au nom de tous les membres, j’adresse à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.

Rappelons ce qui nous rassemble aujourd’hui : le lac de Bagnoles.

Aujourd’hui, la véritable urgence reste de le défendre. Il est l’expression de la présence vivante de la station thermale dans ce territoire rural.

Les élus pourraient aujourd’hui saisir l’occasion de transformer ce débat en un véritable projet de restauration et de désenvasement du lac.

Cette orientation pourrait être perçue non comme un recul, mais comme un choix de responsabilité et d’adaptation aux nouvelles réalités économiques et environnementales qui se dessinent aujourd’hui.

Pourquoi vouloir imposer à tout prix un tel projet ?

À force de s’appuyer sur des bureaux de conseil, la municipalité délègue à des intervenants extérieurs la conception de ses projets. Ces cabinets apportent certes des compétences, mais ils ne portent ni la légitimité démocratique, ni la connaissance fine du territoire, et cela peut conduire à un appauvrissement de la capacité de la collectivité à penser ses projets elle-même.

Une commune comme Bagnoles devrait pouvoir s’appuyer sur l’expertise de ses propres services et sur l’expérience de ses habitants pour définir son avenir.

Il faut rappeler que toute assistance extérieure devrait rester un outil d’aide à la décision et non devenir le moteur de la décision elle-même.

L’invocation répétée de la continuité écologique et du désenvasement pérenne ne suffit plus à masquer ce qui apparaît de plus en plus comme une méthode de gouvernance contestable. Le consentement des administrés a été sollicité par un argumentaire où le vrai et le faux sont devenus de plus en plus difficiles à distinguer.

 

À qui profite réellement cette opération ?

Aux habitants, ou bien à une logique technico-administrative qui génère études, procédures et travaux sans que leur utilité réelle soit clairement démontrée ?

Après un référendum qui n’a pas permis d’obtenir l’adhésion recherchée, les promoteurs du projet ont considéré les Bagnolais comme incapables de comprendre ce qui serait bon pour leur ville. Dès lors, le projet a été imposé par un vote du conseil municipal, validant ainsi les choix des organismes extérieurs, eux même ignorant les caractéristiques du site thermal.

La municipalité, dès lors maître d’ouvrage, sollicite des experts pour proposer des procédures techniques afin de satisfaire les exigences des services de l’État.

En préalable, il faut remettre en cause les contraintes du PPRI qui interdisent explicitement la réalisation du projet.

Paradoxalement, les réseaux sociaux et l’office de tourisme, émanation de la municipalité, continuent de diffuser les images emblématiques du lac actuel, mettant en avant le caractère iconique du casino se reflétant dans le miroir du plan d’eau.

C’est bien la preuve que ce paysage constitue l’un des fondements de l’attractivité de Bagnoles-de-l’Orne.

Alors quel avenir veulent-ils pour Bagnoles-de-l’Orne ?
Sont-ils encore capables d’assumer leur héritage patrimonial et d’effectuer, dans la cohérence, les choix qui s’imposent ?

Les Bagnolais qui défendent leur environnement ne sont pas irrationnels, ce sont des citoyens attachés à leur territoire,

il ne suffisait plus de constater ou de s’indigner. Il fallait se rassembler.

C’est précisément dans cet esprit qu’est née l’association LABON.

Comme une force de rassemblement, d’une volonté commune : celle de révéler le sens de notre cadre de vie, de défendre notre patrimoine culturel et notre capacité collective à influer sur les décisions qui façonnent l’avenir de Bagnoles.

Nous sommes ici parce que nous refusons l’effacement silencieux de ce qui fait l’âme de Bagnoles-de-l’Orne : son lac, ses paysages, son histoire et sa mémoire collective.

Nous sommes ici parce que nous croyons que la raison éclairée des Bagnolais, la conscience des élus et l’attachement au réel finiront par l’emporter.

Et surtout, nous sommes ici pour transformer une inquiétude diffuse en une force collective, calme, déterminée et constructive.

Que cette rencontre soit un moment d’échange, de réflexion et d’engagement au service de notre cité et de tous les amoureux de Bagnoles-de-l’Orne.

Bienvenue à toutes et à tous.

 


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