La culture / le lac site remarquable
Réversible ou irréversible ? Voilà la question que nous devrions nous poser pour chaque projet.
Concernant le lac, il s’agit avant tout d’un enjeu culturel. Si nous voulons transmettre aux générations futures ce site magnifique, nous devons d’abord apprendre à en comprendre et à en apprécier toutes les qualités, identifier celles qui participent à la beauté et à l’identité du lieu.
Mais transmettre ce miroir d’eau ne suffit pas : il faut aussi éduquer. Éduquer les jeunes générations à regarder, à comprendre, à respecter ce paysage, afin qu’elles deviennent à leur tour les gardiennes attentives de ce lac et de son environnement. La préservation d’un site ne repose pas seulement sur des règlements, mais sur une conscience partagée.
C’est une question de sensibilité architecturale, urbanistique et paysagère. Cette sensibilité se cultive dans le rapport que nous entretenons avec les contraintes et les exigences propres à ce patrimoine.
Un patrimoine qui mérite d’être défendu dans le lien intime qui nous attache au lieu.
Il s’agit, en somme, d’une culture à préserver, à transmettre et à faire vivre, pour que demain encore, ce lac demeure un bien commun respecté et protégé et qu’il échappe ainsi à la tentation comme cela est advenu, d’être pensé jardin avec un parcours de pêche.
C’est en cela que la responsable de la culture serait concernée.
Il est temps de poser la question qui dérange :
: nos décideurs ont-ils réellement la capacité de se projeter dans ce projet et d’en mesurer les conséquences ? Concevoir un espace ne consiste pas simplement à empiler des solutions techniques sur un plan. Cela exige une vision, une capacité à se représenter l’espace en trois dimensions, imaginer les usages, à comprendre comment les lieux seront vécus, traversés, habités.
Lorsque cette vision fait défaut, le sens même du projet se dissout. Il se trouve alors abandonné à des techniciens trop souvent enfermés dans leur propre logique, focalisés sur la performance technique plutôt que sur la qualité de vie et la cohérence des lieux.
Mais la réalité est simple : une fois le projet livré, ces techniciens disparaîtront. Ils passeront au dossier suivant. Ceux qui resteront, ce sont les habitants, les usagers, la collectivité. Ce sont eux qui devront vivre pendant des décennies avec les choix qui auront été faits sans véritable vision.
Un aménagement n’est jamais neutre. Il façonne un territoire, il modifie son image, transforme les usages et influence la manière dont une ville se vit. Abandonner son sens à une approche purement technique, c’est renoncer à la responsabilité politique.
Un projet public mérite mieux que cela : il exige de la lucidité, du courage et une véritable vision de l’espace que nous voulons construire pour l’avenir.
Annoncer une piste cyclable, un jardin et quelques aménagements paysagers ne fait pas une vision.
Un lieu comme Bagnoles-de-l’Orne mérite mieux qu’un assemblage d’équipements : il exige un projet d’ensemble cohérent qui fasse sens avec son histoire et sa notoriété.
Y arriveront- ils ?
On le souhaite.
Comme le rappelait Rem Koolhaas, l’urbanisme ne consiste pas à multiplier des objets mais à organiser des relations dans l’espace.
Or annoncer des trottoirs, des pistes cyclables ou des plantations ne nous dit rien de la vision du lieu que l’on est en train de fabriquer.
Quel paysage voulons-nous préserver ou créer ?
Bagnoles n’est pas seulement une commune.
C’est une ville-paysage née de la rencontre entre la forêt, l’eau et l’architecture.
Les projets doivent donc partir du paysage et non l’inverse.
les stations thermales européennes les plus réussies suivent exactement ce modèle.
Bagnoles possède déjà tous les ingrédients d’une ville-paysage :
• le lac
• la forêt des Andaines
• le relief
• les villas Belle Époque
• les promenades.
Une ville-paysage est une ville où le paysage n’est pas un décor, mais la structure même de la ville.
Autrement dit, la ville a été conçue comme un paysage habité, d’où l’importance que revêt l’élément essentiel de la station : le LAC
Il mérite dans ces conditions qu’on y consacre un budget pour l’entretenir dans sa configuration actuelle et qu’il ne soit pas vandalisé par unique souci mercantile.
Le parti pris du projet de la forêt au lac s’inscrit bien dans cette tradition de ville-paysage, on peut aimer ou ne pas aimer le programme retenu et la manière dont il a été mis en oeuvre mais ce n’est pas irrémédiable comme pourrait l’être le projet du lac.
Quand on regarde l’histoire urbaine de Bagnoles-de-l’Orne-Normandie, on comprend quelque chose d’assez fascinant : la ville a été conçue presque comme une mise en scène autour du lac et de la forêt.
1. Une ville construite autour d’un décor naturel
La station moderne naît à la fin du XIXᵉ siècle, après l’arrivée du chemin de fer en 1881. Le projet consiste alors à créer un quartier de villégiature dans la forêt, destiné aux curistes et aux visiteurs venus de Paris.
Le quartier Belle Époque est planifié avec :
• une place centrale
• trois grands boulevards parallèles
• plusieurs rues perpendiculaires
• des villas implantées dans de grandes parcelles.
Tout cela forme un dispositif très organisé.
2. Le lac comme scène principale
Le lac joue le rôle de centre visuel et social :
• les hôtels dominent le lac
• les promenades s’organisent autour
• les jardins et le casino sont placés face à l’eau.
Autrement dit, l’espace est pensé comme un théâtre paysager :
• la forêt → décor
• le lac → scène
• les villas et hôtels → gradins.
Conservons la scène dans son intégrité sans la réduire à un ersatz de plan d’eau ridicule.
« Cap vers l’avenir » veulent-ils faire table rase du passé ?
Conclusion critique – Appréciation du projet au regard de la Loi sur l’eau
Au terme de l’analyse, le projet de curage et de réaménagement du lac de Bagnoles-de-l’Orne, tel que présenté, apparaît inadéquat au regard des principes fondamentaux de la Loi sur l’eau.
En effet, ce projet traite exclusivement les effets visibles de l’envasement, sans s’attaquer à ses causes structurelles, clairement identifiées en amont du bassin versant, et largement imputables à l’intensification et à la mécanisation des pratiques agricoles. En détournant la rivière du lac, ce projet transforme un milieu naturel hérité d’un processus géomorphologique ancien en un ensemble inerte, exutoire et réservoir des eaux de ruissellement polluées de la voirie .
Par son ampleur, son caractère techniciste et sa logique d’intervention lourde, le projet prétend corriger un fonctionnement naturel établi depuis des siècles, alors même que l’accélération récente de l’envasement constitue une rupture anthropique moderne. Il en résulte une réponse disproportionnée, qui nie l’histoire hydraulique du site, fragilise son équilibre écologique sans proposer un programme cohérent de réduction des flux sédimentaires à la source, le projet s’écarte de l’objectif de gestion équilibrée et durable de la ressource en eau (article L.211-1).
En conséquence, le projet, dans sa conception actuelle, ne répond ni à l’esprit ni aux objectifs de la Loi sur l’eau.
Toute décision favorable devrait être conditionnée à une révision profonde de son approche, intégrant prioritairement :
• la maîtrise des apports sédimentaires en amont,
• la reconnaissance du caractère naturel et historique du plan d’eau,
• la prise en compte renforcée des enjeux géologiques et thermaux,
• et le respect du principe de proportionnalité des interventions.
À défaut, l’autorisation d’un tel projet reviendrait à institutionnaliser une fuite en avant technique, incompatible avec la protection durable des milieux aquatiques et du patrimoine naturel de Bagnoles-de-l’Orne.
Démarche de projet
Après avoir choisi comme vice-président un passionné de forêt et de bocage, formé à l’accompagnement du monde agricole à la tête de la commission du lac, tout en étant sous la direction du premier édile, celle-ci reprend en l’état pour le compte de la municipalité, un projet pour Bagnoles « Le lac demain, si vous le décidez » .
Or, ce projet a été conçu en transposant un concept créé dans et pour un contexte exclusivement rural. Il est aujourd’hui appliqué sans discernement au cœur urbain de Bagnoles-de-l’Orne.
Une telle démarche ignore les spécificités du contexte urbain et s’appuie essentiellement sur une lecture technique, d’inspiration agronomique, comme si le lac relevait d’une problématique agricole ou paysagère rurale. Pourtant, il constitue un élément structurant de l’identité urbaine, patrimoniale et touristique de la cité.
Un projet de cette importance devrait d’abord définir clairement son cadre contextuel :
• Quelle est la vocation du lac dans la ville ?
• Quelle place occupe-t-il dans l’histoire et l’image de Bagnoles ?
• Quels usages urbains doit-il prioritairement servir ?
En l’absence de cette réflexion préalable, la démarche apparaît faussée dès son origine. Elle semble s’enfermer dans un dédale de considérations techniques, détaillées mais déconnectées du sens, de l’identité et des attentes urbaines.
Il ne s’agit pas de nier l’intérêt des compétences forestières ou agricoles, mais de rappeler que le lac, situé au cœur de la ville, appelle une approche transversale : urbaine, patrimoniale, paysagère, touristique et sociale.
Un projet urbain ne peut être la simple transposition d’un modèle rural. Il doit naître du lieu, de son histoire et de ses habitants.
Un projet qui ignore aussi l’actuel PPRI, le périmètre de protection de la source thermale et les caractéristiques hydrogéologique du site.
Périmètre de protection de la source thermale
Une partie du lac de Bagnoles-de-l’Orne et des aménagements associés se situent dans (le pont cadre projeté)ou à proximité immédiate de ce périmètre (digue, etc)
À quoi sert le périmètre de protection ?
Le périmètre de protection vise à prévenir toute action pouvant altérer la source thermale, notamment :
• pollutions accidentelles ou diffuses,
• modifications des écoulements d’eau,
• travaux affectant le sous-sol ou le régime hydraulique,
• changements du niveau ou de la dynamique des eaux de surface.
Il s’agit d’une protection préventive, fondée sur le principe de précaution
Sur la barrière rocheuse
La barrière rocheuse joue un rôle dans :
• la retenue du lac,
• la régulation des écoulements,
• l’équilibre hydraulique du site.
Sa destruction ou son abaissement (réalisation d’un pont cadre et travaux square Jay Gould) pourrait :
• modifier durablement le régime des eaux,
• accroître les risques d’inondation ou de pollution,
• impacter l’alimentation de la source thermale.
Le lac, la Vée, le projet et le PPRI
Aujourd’hui le PPRI interdit la mise en œuvre du projet « le lac demain si vous le décidez »
Le Plan de Prévention du Risque Inondation relève exclusivement de la compétence de l’État. Une municipalité, même volontaire et prête à en assumer le coût financier, ne peut ni l’établir ni le modifier. Elle peut seulement financer des études et demander à l’État une révision, sans aucune garantie d’aboutissement.
Présenter une éventuelle modification du PPRI comme une décision municipale, ou comme le fruit d’un engagement local, entretient donc une confusion préjudiciable. La responsabilité finale appartient au préfet, et à lui seul.
Il est essentiel de dire la vérité aux habitants : la commune peut défendre un dossier, pas décider.
FACTUELLEMENT :
Le PPRI relève exclusivement de la compétence de l’État, sous l’autorité du préfet.
Aucune collectivité (commune, EPCI, département, région) n’a le pouvoir juridique de le modifier.
Même si une commune :
• finance des études hydrauliques,
• commande une expertise indépendante,
• réalise des modélisations ou contre-expertises,
elle ne peut pas modifier le PPRI elle-même.
Ces études n’ont aucune valeur réglementaire directe.
Ce qu’une municipalité peut faire légalement
Une commune peut toutefois :
Financer des études complémentaires
Ces études peuvent :
• contester des hypothèses,
• proposer de nouveaux zonages,
• démontrer l’efficacité d’ouvrages de protection.
Demander officiellement une révision ou modification
La commune peut :
• saisir le préfet,
• transmettre ses études,
• demander une révision, une modification ou une mise à jour du PPRI.
La décision finale appartient exclusivement au préfet.
Procédure obligatoire
Si le préfet accepte :
• prescription d’une modification ou révision,
• concertation,
• enquête publique,
• approbation par arrêté préfectoral.
Sans cette procédure, aucune évolution n’est valable.
Desenvasement du lac de Bagnoles
Voici un aperçu pratique tel qu’on peut l’appréhender sur internet, des contraintes administratives en France lorsqu’on envisage le curage (désenvasement) d’un plan d’eau traversé par une rivière comme le lac de Bagnoles-de-l’Orne — qui est alimenté et traversé par un cours d’eau.
1. Démarches administratives préalables obligatoires
a) Demande auprès de la DDT / police de l’eau
Le curage d’un plan d’eau — surtout s’il est lié à un cours d’eau — ne doit pas commencer sans avoir saisi la Direction Départementale des Territoires (DDT) ou le service en charge de la police de l’eau du département. Cela se fait via un formulaire spécifique (déclaration ou demande d’autorisation selon l’importance des travaux).
• Dans la Sarthe par exemple, il faut envoyer une demande de curage à la DDT avant toute opération et attendre l’accord administratif.
• Dans l’Orne, il existe aussi une notice et formulaire de demande d’avis pour les travaux sur cours d’eau auxquels sont rattachés curage/entretien.
Sans accord préalable, l’opération peut être considérée comme illégale, avec des risques de sanctions administratives et pénales prévues par le Code de l’environnement (L.216-1 et suivants).
2. Régime Loi sur l’Eau / Police de l’eau
a) Soumission à procédure
Selon l’article R214-1 du Code de l’environnement, les travaux de curage peuvent être soumis :
• à déclaration
• ou à autorisation (si impact significatif sur l’environnement ou le cours d’eau)
La différence dépend de l’ampleur du projet, de l’impact sur le lit mineur et sur la circulation des sédiments et poissons.
Souvent, même si seuls quelques sédiments sont enlevés, une déclaration est nécessaire.
3. Respect des milieux aquatiques et normes techniques
Quand un plan d’eau est vidangé ou curé :
• il communique momentanément les eaux stagnantes du lac avec le cours d’eau, ce qui peut provoquer :
• des chocs thermiques
• la mobilité d’espèces invasives
• une remise en suspension des sédiments
Ces phénomènes sont réglementés pour protéger la vie aquatique.
b) Contraintes environnementales spécifiques
• Respect de périodes biologiques sensibles (reproduction des poissons)
• Maintien d’un débit réservé dans la rivière
• Qualité physico-chimique des eaux rejetées dans la rivière (MES, ammonium, oxygène dissous…) selon des seuils définis par les textes.
4. Gestion des sédiments et déchets
• La destination des matières extraites (sédiments de curage) doit être indiquée dans la déclaration et ne doit pas être stockée en zone inondable ou polluer les sols/ressources en eau.
• Selon la composition des sédiments (polluants), ils peuvent être considérés comme déchets dangereux et nécessiter une gestion conforme à la réglementation des déchets.
5. Bassin, continuité écologique & autres contraintes
a) Continuité écologique
Le projet doit tenir compte de la continuité écologique du cours d’eau (circulation des poissons et des sédiments) ce qui peut imposer des prescriptions ou études complémentaires.
(Passe à poissons existante validée par le précédent bureau d’étude )
b) Autres régimes potentiels
Un curage peut aussi déclencher, selon le contexte :
• une évaluation d’incidences Natura 2000 si le site est dans une zone protégée,
• une étude d’impact environnemental si l’ampleur du projet est importante,
• des autorisation(s) complémentaires selon le Code de l’urbanisme (si digues/ouvrages modifiés).
Ces aspects se déterminent au cas par cas avec l’administration.
Concernant l’Office de tourisme de Bagnoles-de-l’Orne,
Démoli puis reconstruit, le futur office de tourisme deviendrait une véritable « boutique des territoires ».
Ce lieu hybride, pensé pour les touristes comme pour les habitants, proposerait accueil, informations, promotion du territoire, mais aussi des espaces de rencontre et de services.
On y trouverait notamment un point d’information et de billetterie, une boutique d’artisanat et de produits locaux, ainsi qu’une terrasse où seraient proposées diverses boissons.
À travers ce projet, la Société Publique Locale souhaiterait sans doute soutenir le commerce local sans se substituer à ce dernier et jouer un rôle de moteur pour redynamiser des échanges qui seraient, semble-t-il, jugés trop timides. L’avenir permettra d’en mesurer pleinement les effets.
comment tirer pleinement parti de ce projet au-delà d’arguments purement mercantiles et conjoncturels ?
Si la décision de démolition avait été arrêtée en amont, une alternative aurait pu consister à implanter et composer le nouvel équipement en articulation avec la place Jean-Pierre Blouet, au-delà de la gare routière, voir conçu avec elle, sur le terrain disponible en tête de la zone d’habitat à urbaniser. Le bâtiment, tout en bénéficiant d’une visibilité stratégique, aurait ainsi constitué un filtre entre l’espace public et la future zone résidentielle, tout en permettant la réaffectation de l’édifice existant.
Contraint et après avoir justifié et argumenté son implantation à l’entrée de ville , en lieu et place de l’existant, bordée par la voirie de la gare routière et à proximité des équipements sportifs des années 1970-1980 et de l’Hôtel-restaurant Gayot Belle époque, il convient de s’interroger sur le rôle que cet édifice doit jouer dans l’espace urbain. Comment peut-il contribuer malgré tout à la mise en valeur du site, s’ouvrir sur la ville et en devenir une composante à part entière ?
Quelle relation peut-il entretenir avec la place Jean-Pierre Blouet récemment créée ? L’office de tourisme doit-il s’affirmer comme un objet autonome ou, au contraire, s’ouvrir largement sur la ville ? La difficulté réside dans l’interposition de la gare routière avec sa voirie réservée entre la place et le bâtiment OT lui-même. Faut-il alors repenser l’orientation des espaces ouverts de l’office de tourisme vers un nouvel espace public, un aménagement généreux des abords en dialogue et face aux équipements sportifs ? Peut-on imaginer que ce dispositif assure une visibilité maximale depuis l’arrivée sur Bagnoles en tournant le dos à la gare routière ?
Le tout pourrait former un ensemble composé avec le parking paysagé.
À l’issue de ces arbitrages et de ces tensions, l’office pourrait devenir un véritable outil de requalification urbaine : un marqueur d’entrée de ville, un dispositif paysager structurant, formant un espace civique autant que touristique.
Financé par la collectivité, un office de tourisme ne devrait pas être envisagé comme une simple vitrine promotionnelle, mais comme un équipement public majeur, porteur d’une ambition urbaine et territoriale.
Une image du projet de l’office de tourisme vient de paraître : Pourrais-je encore observer que l’office du tourisme s’ouvre directement et sans recul sur les diverses infrastructures routières, qu’il fait penser aux modèles bâtis dans la zone industrielle du Parc à La Ferté-Macé et que l’on aurait pu avoir là, un véritable événement architectural, un signal d’entrée de ville ? Est-ce une architecture qui mérite qu’on démolisse le bâtiment existant qui au regard du projet proposé réaffirme son caractère « station thermale et touristique » absent de la nouvelle proposition ? Est-ce un nouveau marché couvert ?
Ce n’est ni Chambord ni Versailles mais ce n’est pas non plus Francois 1er et Louis XIV ni Beaubourg et Pompidou, ni Montpellier et Georges Frêche …
C’est … une aire d’autoroute !
Les Curistes. fr
Pourquoi les casinos sont-ils situés dans les stations thermales ?
Article publié par Laura Dupuy le 02/12/2025
Aviez-vous fait le rapprochement entre la présence d’un casino et la pratique thermale de la ville ? Cela ne doit rien au hasard, il s’agit héritage historique français. Pour bien comprendre cette pratique, un retour sur les grandes lignes historiques du thermalisme est nécessaire.
Casinos et stations thermales : l’histoire du thermalisme en France
Le thermalisme est une médecine naturelle qui base ses bienfaits sur l’utilisation des eaux de sources minérales, riches en une multitude d’oligo-éléments et de sels minéraux. On doit cette pratique aux grecs, puis aux romains qui affectionnaient les bains collectifs, dont la pratique était cependant différente de celle connue aujourd’hui.
Après une longue période d’oubli durant le Moyen-Âge, le thermalisme refait son apparition au 16ème siècle. Puis, en 1604 sous l’impulsion d’Henri IV, la première Charte des eaux minérales est inaugurée. Par la suite, durant la seconde moitié du 19ème siècle, Napoléon III et sa famille perpétuent l’amplifient cette tradition. Dès lors, les anciennes stations s’agrandissent, d’autres apparaissent, et toute la noblesse va « prendre les eaux ». Les stations thermales deviennent alors de véritables lieux de villégiature. Les villes d’eaux commencent à développer différents aménagements afin de satisfaire et de divertir leur clientèle.
La présence des Casinos dans les stations thermales : un héritage historique
En 1804, Napoléon crée un établissement officiel pour lutter contre la clandestinité liée aux jeux d’argent. S’en suivra, en 1806, une loi autorisant l’ouverture des casinos uniquement au sein des villes thermales et balnéaires. C’est donc à partir de cette date que les premiers casinos légaux voient le jour en France, au cœur des stations thermales. Cela offrira à ces dernières un nouvel attrait aux yeux des populations aisées. À cette époque, le casino n’est plus seulement un lieu dédié uniquement au jeu mais il représente un lieu de vie et de distraction. Alors réservé aux classes aisées, c’est le lieu où il se doit d’être vu.
De nos jours, la réglementation a évolué. Après l’accord du Ministre de l’Intérieur, les casinos sont maintenant autorisés dans « les villes ou stations classées stations balnéaires, thermales ou climatiques ». « Dans les communes classées stations de tourisme et constituant la ville principale d’une agglomération de plus de 500 000 habitants et participant pour plus de 40 %, le cas échéant avec d’autres collectivités territoriales, au fonctionnement d’un centre dramatique national, d’un orchestre national, d’un théâtre et d’un opéra présentant en saison une activité régulière d’au moins vingt représentations lyriques ». (Source :lefigrance.gouv.fr)
L’aménagement spécifique et caractéristique des villes thermales
Afin de faire face à la concurrence naissante entre les différentes stations, les villes d’eaux rivalisent d’imagination afin de créer des édifices aux architectures grandioses dans le but de séduire le plus grand nombre de personnes.
Afin de divertir leurs curistes, les villes thermales mettent en place différentes infrastructures, que l’on retrouve dans la quasi-totalité des stations thermales :
* La promenade
* Les hôtels particuliers, à l’architecture particulière et éclectique
* Le parc thermal
* Le casino
* La gare
Le thermalisme a eu une forte influence sur le développement de l’urbanisme des villes d’eaux et de certains territoires reculés.
A l’heure actuelle, ce patrimoine est toujours visible et fréquenté par les curistes.
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